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mercredi 24 mars 2010

Next

Genre : navet imprévisible

Sous-titre : si vous aviez le pouvoir de voir ce qui va advenir dans les 2 prochaines heures, seriez-vous allez voir Next ?


L’œuvre de Philip K. Dick a noyauté le cinéma bien au-delà du domaine de la pure Sience-Fiction, on ne le dira jamais assez. Une vaste descendance qu’on peut diviser en deux parties : les films qui sont adaptées de ses romans ou nouvelles, plus ou moins fidèlement, et ceux qui s’en inspirent, plus ou moins consciemment.

« Next » - le film dont duquel je ne vais pas tarder à vous parler - ne fait partie d’aucune de ses catégories, contrairement à ce que nous annonce - avec fièreté et culot - l’accroche. Parce que si ça c’est du P. K. Dick, « Cube » c’est du Jorge Luis Borges.

Ceci étant posé, voyons de quoi ça cause.

Cris Johnson, magicien à la Las Vegas, possède le don de voir ce qui va lui arriver dans les 2 prochaines minutes. Sauf des fois quand ça concerne sa chérie, où il voit plus loin (ça n’a l’air de rien comme ça, mais ça aura son importance, je vais vous demander un peu de patience). Soudain, tout à coup, une cellule anti-terroriste fait appel à ses services pour arrêter un groupe de pro-chiraquien désireux de poursuivre les essais nucléaires sur le sol étasunien d’amérique.

D’abord il refuse. C’est difficile, faut s’organiser, poser des jours, qui c’est qui va nourrir le greffier, bref ça lui prend la tête. Et on le comprends.

Et puis finalement, c’est quand même tentant de sauver son pays ; ils ont ça dans le sang, les Américains ; y a rien que tu puisses faire contre…

Le début est plutôt rigolo, bien que limite plagiaire (une évasion très Pacman qui ressemble beaucoup à la scène d’évasion des bureaux de Néo dans « Matrix », une scène de drague de « Un Jour Sans Fin » reprise ici à l’identique). Mais très vite, on s’aperçoit que le scénario repose sur une incohérence XXL, que le héro lui-même remarque : puisqu’il ne voit que 2 minutes dans le futur, et uniquement pour des évènements le concernant directement (lui ou l'amour de sa vie), comment pourrait-il deviner quoique ce soit concernant des terroristes qu’il ne connaît ni d’Eve ni d’Adam ? Et quand bien même, qu’est-ce qu'il pourrait y changer en 2 minutes ?

Mais le temps que les scénaristes n’avancent la moindre réponse, bingo ! Les terroristes prennent la fiancée du précog en otage, afin de l’empêcher de contrecarrer leur plan... ce qui produit l’effet exactement inverse, puisque maintenant l’affaire le concerne directement. Mieux, il voit plus loin dans le temps quand il s’agit de sa meuf – je vous avez dit que ce détail aurait son importance.

C’est pas trop fort, ça ?

Si : ça l’est.

C’est un peu comme si un malfrat en cavale envoyait une carte postale à la police, avec au verso « Arrêtez les recherches, vous ne me retrouverez jamais. », et au recto, un magnifique cliché de son lieu de villégiature (avec une flèche, vous savez, « j’habite là ! »).

Mais en plus de l’indigence mentale dont fait preuve ce mouvement de libération de la bombe à Hydrogène, les pouvoirs de Cris s’avèrent plus puissant qu’on ne pouvait le supposer : car quand il prend une balle, il le voit dans le futur, donc il parvient à éviter la balle d'un simple déhanché travoltien, aussi facilement qu'un nîmois évite une vachette. S’il rate son esquive, il le voit, alors il change ça et du coup, ben tu peux pas le tuer, quoi.

Incroyable ?

Oui, je sais.

Et plus fort : il se débarrasse de cinq mecs armés à mains nues, mais là rien à voir avec ses dons surnaturels, c’est juste parce les prestidigitateurs, sous des abords affables, sont en réalité des boules nerfs prêtes à se muer en d’incoercible machines à tuer à la moindre contrariété.

N’importe quoi ?

C’est votre point de vue ; je le respecte.

Lee Tamahori, responsable dans une autre vie de l’excellent « L’Ame des Guerriers », nous assène des scènes d’action bien poussives pleine de CGI vomitives, Julianne Moore se fait chier (mais elle est charmante même quand elle se fait chier), Jessica est très Biel mais ça suffit pas, Peter Falks fait une apparition qui sert à rien.

Quand à Nicolas Cage, également producteur de ce chef-d'oeuvre, quand il n’y a pas un réalisateur solide qui lui dit quoi faire, il fait tout simplement n’importe quoi. Eli, Eli lamma sabacthani ?

Le retour de Steve Austin, l'homme qui valait 3 milliards d'implants capillaires.
Et Kubrick se mit à rire au fond de sa tombe.
L'instant exact où Nicolas Cage se retourne sur sa carrière et contemple le vide.
D'accord Nicolas Cage enchaîne les bouses, mais c'est un peu radical comme solution, non ?
- Tu as de beaux faux cheveux
- Moins que tes beaux faux seins... mi amore..


TEXTES, IMAGES, INTRIGUE, REFlEXION, COURAGE D'ALAMBIC

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