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jeudi 1 novembre 2007

Amazonia l'esclave blonde



AMAZONIA L'ESCLAVE BLONDE - Mario Gariazzo - 1985

Sous-titres : Stocks-shots sous les tropiques

Genre : Anthropophages végétariens

Ayant beaucoup trop d’admiration et de tendresse pour le bis italien des années 70 et 80, époque merveilleuse s’il en fût du cinéma de genre, m’abaisserai-je jusqu’à traîner dans la boue un de ses représentants ? Je vais me gêner tiens !! Car ici on touche au coeur même de la détresse cinématographique, au vide interstellaire pelliculaire, à la quintessence du rien.
Bien sur la visibilité du manque de moyen financier saute aux yeux, mais cela n’explique pas tout

Tiré d’une histoire vraie d’après la jaquette du DVD ( ce qui déjà nous incite à penser, vu la pauvreté de celle-ci, à mettre en doute la santé mentale des malades responsables de l’idée même d’une telle chose ) , surfant sur la vague et le succès du « Cannibal Holocaust « ( allant même carrément à s’intituler parfois Cannibal Holocaust 2 ) , ce film nous est vendu comme un film de cannibales ( sans cannibales en fait ) , outrancier ( l’outrance consiste à arriver à tenir jusqu’à la fin du film ), violent ( effectivement 20 Euros pour ce DVD, c’est d’un rare violence ), malsain ( moauuuuhhh !! ) et érotique( comme un concile papale au Vatican ).

Le début est à couper le souffle !!!
Dans un décor assez incroyable pour un tribunal (on dirait l’annexe de la salle des fêtes de mon village !), pourvu de 5 chaises, une table à tréteaux prêté gracieusement par l’école communale et un pauvre drapeau accroché à un mur histoire de bien montré que quand même ça ne rigole pas et qu’on est pas à la kermesse !
L’héroïne jouée par une « actrice « du nom d’Elvire Audray ,dont les deux seules expressions qu’elle semble pouvoir prendre sont « habillée « et « nue « ; et bien cette brave dame se retrouve accusé d’homicide envers ses propres parents. Elle va donc s’évertuer ( si je peux dire vu le peu de vertu dont elle fit preuve dans ce métrage ) à conter par le menu sa sombre et pathétique histoire ; histoire que je vous vas vous narrer.

Il y en a qui font des croisières sur le Nil, d’autres qui flânent sur les lagunes de Venise afin de réchauffer leurs libidos et bien notre famille non ! Eux ils vont en Amazonie au milieu des crocodiles ( qu’on ne verra pas, à part furtivement une fois ), des moustiques, des araignées et des tribus toutes méchantes. Et ils y vont comme ça pour tuer le temps, afin sûrement de pique niquer dans les sables mouvants peut-être ? Mais après tout à chacun ses perversions et ses hobbys.

Nos vacanciers sont donc tranquilles comme Baptiste à serpenter au milieu des troncs d’arbres sur le fleuve Amazone et là ! tout d’un coup ! Patatras ! Milles sabords ! Millediou ! la mère se prend une flèche dans l’œil ce qui nous permet d’assister à la SEULE scène gore du film ( ce qui craint pour un bis italien, à moins que m’étant assoupi j’en eusse loupé ), s’ensuit un coupage de têtes ( hors champ ) et l’exposition triomphale des deux trophées ( la caboche du père et de la mère. NDLR ) qui n’a d’autres intérêts que de nous prouver que les maquillages et effets spéciaux ont bien été confiés à un manchot aveugle d’une dizaine d’années (pas plus ) expert dans l’art du papier mâché. Bref la blonde se fait enlever et va dès lors vivre au milieu des anthropophages végétariens ( si ça existe ! )

A partir de là et même si on frôle le ridicule, le spectateur fut en droit de s’attendre à ce qui fait l’essence même du bis Italien, à savoir du gore, des scènes crades, du cul, du mauvais goût.... Et bien que nenni !!! ( comme dirait le cheval, car le cheval nenni !, oui je sais c’est nul mais j’aime bien les jeux de mots débiles ) mais je m’égare ( et pas seulement d’Austerlitz...tiens encore un ! ), nous assistions devant nos yeux médusée ( oui je sais comme sur un radeau ) à une sorte de vaine tentative de la part du réalisateur un dénommé Mario Gariazzo, d’une étude anthropologique sur la vie d’une peuplade indigène.

Et parlons en de leurs vies, chiantes, vides, sans troquets ni mobylettes, sans DVD ( mon dieu c’est horrible !! ), rythmée par la chasse au crocodiles et la cueillette des fruits ( enfin on imagine ) : car en fait il ne se passe plus rien dans ce film, si ce n’est un crêpage de chignons pour la possession de la blondasse, un rituel consistant à faire perdre la virginité ( tu parles comme elle l’a toujours ) de la susdite ( pas de jeu de mot là ) avec un pieu planté au beau milieu de sa forêt noire ( qui est blonde en fait ), sauf que ce qui aurait pu titiller le côté pervers et sadique des amateurs et filmé hors-champ et rendu peu crédible par les cris de chihuahua de la donzelle.

Puis au septième jour les (ir) responsables du film eurent deux idées. La première fut de peupler le métrage d’une quantité incroyable de Stock Shots destinés à économiser la pellicule et donc les frais et ensuite de le dynamiser et bien perdu ! Car voir 60 fois une envolé d’oiseaux, 80 fois les méandres de l’Amazone, 100 fois le vent soufflé dans des arbres c’est chiant, c’est indigne, c’est ennuyeux, c’est looong .
La deuxième c’est de conter une histoire d’amour d’une telle mièvrerie que le moindre épisode des « Feux de l’amour « passe pour un des meilleurs passages de l’oeuvre du Marquis de Sade. Donc la blonde tombe amoureuse d’un sauvage ( sûrement à la vue de la bosse qui effleure son pagne et qui ma foi semble être du meilleur aloi ), on assiste aussi à une attaque de la part d’une tribu ennemi où il ne se passe rien et aux longs dialogues entre la belle et le sauvage ( tiens d’ailleurs comment qu’ils font pour se parler ? Ont
-ils trouvé un dictionnaire italo-indigénes dans les ruines d’une ancienne cité Maya ? Ont-ils pris des cours par correspondance ? Ont-ils souscrits à une méthode Assimile ? ).
Bref à la fin notre héroïne après avoir déjoué un complot retrouve la civilisation et pleure sur son amour perdu qui lui s’en va dans le soleil couchant tel un Lucky Luke amazonien, et voilà bonne nuit. FIN..ouf .

Une vraie bouse comme je les aime.

Sic transit gloria mundi. Amen



Une attaque au couteau d'une rare violence !


La chirurgie mammaire c'est pas au point encore chez les Amazones

Viendez voir notre film ! Viendez le voir !!

Le sublime trailer


4 commentaires:

Anonyme a dit…

Grace à ta brillante et joyeuse analyse il faut absolument que je vois ce film. Etant fan de cette période du cinéma italien d'horreur, je me dois de subir la vision de cet
Amazonia l'esclave blonde...
En tout merci pour ces quelques minutes de joie !

Celtic

CAMIF a dit…

Serviteur monsieur Celtic

Anonyme a dit…

Super chouette analyse.
A mettre aussi sur cinetotal :-)

Charles VI

ste²ve a dit…

Ah, Amazonia l'esclave blonde...Un des rares moments de ma jeune carriere d'amateur du genre ou je me suis laissé berner par un titre aussi évocateur que trompeur...Alors pour résumer, en sus de ce qu'a fort bien dit CAMIF, c'est film est le summum du niais (pour citer un personnage du film: "sentimentalisme ridicule et hors de propos"), qui plus est mal joué et utilise vraiment des ficelles énormes (plus grosses que celles des indigenes) pour faire avancer "l'histoire"
On notera également le fait qu'un indigene est mordu et empoisonné par un serpent constricteur (mais ça, c'est juste pour me la péter avec mes connaissances biologiques)....Ridicule.