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vendredi 9 mai 2008

LES DEMONIAQUES


Les Démoniaques– Jean Rollin – 1973
Sous-titre : Mais faites les taire les naufrageurs !
Genre : Rollin Stones.


Ah ! Jean Rollin.
Considéré comme l’alter égo d’un Max Pécas de l’horreur, c’est en fait un cinéaste maudit qui a su créer un univers personnel et original et qui est en général dénigré par des personnes n’ayant pas vu ses films. ( à part l’inénarrable nanardesque « Le Lac des morts-vivants « que tout le monde connaît au moins de nom ). Il a au moins à son actif un grand film ( La rose de Fer ) et quelques autres tentatives réussies dans le domaine de l’onirisme surréaliste ( Requiem pour un vampire et Lèvres de Sang par exemple ). Des films qui ne contiennent que peu de dialogues et mises tout sur l’ambiance, la photographie et la beauté morbide du lieu du tournage ( château, douves, cimetière... ) . Pourquoi dis-je ceci en introduction liminaire ? Et bien car j’ai beaucoup de tendresse pour ce monsieur qui contre vents et marées a su rester fidèle à ses passions et surtout car il existe de par le vaste monde des intégristes Rollien et que je n’ai pas envie de finir mes jours dans une geôle bretonne ou normande située dans une grotte au dessous du niveau de la mer.
Maintenant attaquons nous avec mauvaise foi aux « Démoniaques » .

Il parle trop dans ce film et comme personne ne sait jouer la comédie ( ou alors faudra me donner l’adresse de leurs professeurs afin que je puisse pratiquer sur eux les tortures antiques les plus raffinées ), la mise en image de l’ambiance surréaliste du truc se perd dans les limbes de la cacophonie linguistique qui en résulte ( oui c’est beau comme phrase, même si je ne sais pas si ça veut dire grand chose). Et c’est dommage, car il y a de beaux passages empreints de poésie macabre, de blasphèmes ( ça j’aime beaucoup quand il casse les statues de la vierge « mon oeil « Marie ) et de plans semblant tout droit sortir d’un tableau expressionniste ( je vous jure !! ).

Mais plutôt que de vous narrer par le détail l’histoire qui n’a que peu d’intérêt en soi, commençons par une visite guidée des personnages.



Eux ce sont les méchants, « les Naufrageurs », dont le métier consiste à guider les navires sur les récifs pour les piller ( les navires, pas les récifs). Dans le film, ils chopent deux gonzesses échouées sur...les navires, euh non sur les récifs, les violent puis les tuent avant que celles-ci ne reviennent les hanter mais bon à la fin ils les re-tuent ( ce qui est ballot et mesquin vu qu’elles vont encore revenir non ? Ou alors j’ai pas tout compris, ce qui est fort possible).
Donc on a au milieu, le chef qui parait-il est cruel, sauf qu’il n’a pas franchement le physique de l’emploi, il ressemble plus à un avortement raté de Roger Hanin et Enrico Macias qu’à un loup de mer. A un moment j’ai cru qu’il allait prendre un accent pied-noir et se mettre à vendre des merguez !
A gauche, on a « Le Bosco », qui veut devenir calife à la place de Roger Hanin et c’est vrai qu’on le comprend. Il en a marre de devoir ressembler à Régis Laspalles.
A droite on a le fourbe, le traître, le lâche, le veule homme de main qui lui ne pense à rien et qui d’ailleurs ne ressemble à rien et a le charisme d’une huître.






Non ce n’est pas un groupe de chanteurs grecques adeptes du bouzouki, ni même des éleveurs de chèvres Anatoliens. Non ! Vous devinez pas ? Pourtant c’est limpide.
A gauche, on a Corbier du club Dorothée déguisé en Georges Moustaki, qui dans le film est le gardien des ruines et du monstre vampire qui s’y cache.
Au milieu, c’est une femme, qui d’habitude est déguisée en clown dans le but de faire fuir les personnes s’approchant des ruines ( et c’est vrai que le clown comme moyen de défense, c’est une idée pas con ! ).
A droite, on a........le monstre vampire, en fait après renseignement il s’agirait du chanteur Mike Brant juste avant son suicide qui pour ne pas qu’on le reconnaisse aurait mis un pantalon moule burnes et une cape de Zorro à la con. On aura rarement au cinéma réussi à créer un vampire aussi terrorisant je trouve.





Et puis, il y a la quatrième naufrageur, belle comme le jour, magnifique beauté méditerranéenne et ça tombe bien car elle n’est pas spécialement frileuse, ni farouche la donzelle. Rarement habillée, et qui a la particularité d’arracher ses vêtements pour un rien, quand elle est contente, qu’elle est en colère, c’est curieux, mais en même temps les us et coutumes des naufrageurs ça se respecte.
Le problème c’est que sa beauté est inversement proportionnelle à son jeu d’actrice et comme vous pouvez le constater elle est très belle.
D’ailleurs sa carrière avant et après ce film est orientée film psychologique de boules ( si ça existe ! ) avec des titres aussi métaphysiques que "Tout le monde il en a deux" ou "L 'Arrière-train sifflera trois fois".

D’ailleurs c’est pourquoi ce film est un nanar, j’en suis désolé, mais le flot incessant ( à part au début ) de dialogues tous plus inutiles les uns que les autres et la manière de les scander de la part des « acteurs », plombe le film. Surréaliste ça l’est vraiment, mais c’est surtout très chiant.
C’est faux, c’est sur le même ton, ça n’a aucune expression et c’est vide de toutes émotions. Ca plombe le film qui devient aussi lourd qu’un américain des 200 kilos avachi sur son canapé en train de bouffer un seau de crème glacée. Ca peut à la rigueur devenir drôle si on est de bonne humeur.
Florilèges ( l’absence du son ne pouvant en rien rendre compte de l’exceptionnelle nullité du ton employé par les acteurs, mais z’avez qu’à le regarder ! ) :


Surréalisme quand le type qui ressemble à Corbier va voir Mike Brant enfermé derrière une porte.

« Tu es là, je le sais. Tu les as vus.
Elles peuvent te libérer. Mais tu es celui qui attend »


Sauf qu’il se fait un peu chier, pas de télé, pas d’ordinateur, pas de boissons, il vaut mieux qu’il aime attendre le type.


Hommage à la SPA :

Enrico : « Tu ne crois pas aux spectres, toi
Tu n’es qu’une chienne. »
Pause
La femme topless en se malaxant les seins : « Ouarf !« .


Oui, là, il s’agit d’une pensée que l’on sent mûrement réfléchi, une sorte d’hommage à la gente canine.

Charmeur :

Le vampire, après avoir pècho les deux donzelles nues dans les ruines.

« Allez ! Maintenant vous me portez en vous ( traduction : Il est viendu en elles )
Vous avez toute ma puissance jusqu’au lever du soleil » ( traduction : Quand il fera jour, reviendez donc me voir pour que je vous remette un petit coup ).


Peut-être aurais-je du faire un BTS « Vampire caché dans les ruines d’un château moi finalement, ça a l’air sympa.

Qu’on se rassure ! A la fin les revenantes sont violées ( ça doit pas être facile, tiens) et elle re-meurent, ainsi que les vilains naufrageurs et tout le monde il est content ( sauf le type qui ressemble à Corbier qui est tout triste, sûrement un message surréaliste de plus ).

Jean Rollin c’est bien, mais pas celui-là qui se révèle plus que chiant et qui tutoie les sommets du Nanarlaya ( à droite derrière le Tibet )


VERITAS ODIUM PARIT, OBSEQUIUM AMICOS (La franchise fait des ennemis, la flatterie des amis. )





1 commentaire:

Ghidorah a dit…

Bon Dieu! T'as vraiment pas aimé!

C'est loin d'être le meilleur Rollin mais, a part la clown (j'aime pas les clowns) je l'ai pas trouvé si mal.

C'est étrange. Joelle Coeur a poil doit y être pour quelque chose...

--Ghidorah